Un homme meurt à cause du cancer de son ver solitaire

En enquêtant sur des tumeurs diagnostiquées chez un patient infecté par le VIH, des chercheurs américains ont découvert que ce cancer était causé par un ver solitaire. Les cellules cancéreuses de ce parasite ont ensuite infecté le patient. Un cas inédit qui cancer induit par un parasite intestinal.

Des chercheurs américains mettent à jour un cas inédit de cancer induit par un ver solitaire.

Des cellules cancéreuses 10 fois plus petites que la normale !Un homme de 41 ans séropositif de Colombie développe plusieurs tumeurs de grande taille dans différentes parties du corps, notamment le foie et les poumons. Les médecins effectuent des biopsies et constatent que les cellules cancéreuses sont étranges : elles sont 10 fois plus petites que les cellules cancéreuses humaines normales ! Le Centers for Disease Control and Prevention est appelé en renfort.Spécialiste des décès et maladies inexpliqués, Atis Muehlenbachs ne sait a priori que faire de ces échantillons de cellules reçus en 2013. Mais après de multiples tests, son équipe découvre que ces cellules contiennent des extraits d’ADN de ténia nain, Hymenolepis nana – plus communément appelé ver solitaire. Une analyse confirmée par un autre chercheur et un expert du musée d’histoire naturelle de Londres. Malheureusement, le patient est mort 72 heures plus tard.Le ver solitaire, un parasite extrêmement répandu dans le mondeLe ver solitaire est un parasite très répandu, en particulier les enfants. On compte 75 millions de porteurs dans le monde et dans certaines régions, la prévalence chez les enfants est de 25 % ! S’il existe plus de 3 000 espèces de vers solitaires capables d’infecter les animaux, Hymenolepis nana est le seul qui peut compléter tout son cycle en vie (de l’œuf à l’adulte) à l’intérieur d’un intestin grêle. Le plus souvent, cette infection reste sans gravité et est facilement traitée avec un vermifuge.Les chercheurs ont publié leur découverte dans le

New England Journal of Medicine. Ils pensent que l’homme a pu être infecté en ingérant des oeufs de ténia microscopiques dans des aliments contaminés par des excréments de souris, d’insectes ou d’excréments humains. A cause de son système immunitaire affaibli, les cellules de ténias se seraient multipliées rapidement à l’intérieur de son tractus gastro-intestinal, de manière anarchique au point de cumuler des mutations les rendant cancéreuses. Les cellules auraient ensuite envahi d’autres parties de son corps.De nombreuses questions restent en suspensMais il est difficile de savoir si les cellules des œufs de ténia présentaient initialement des propriétés cancéreuses ou si une interaction entre le parasite et le corps du patient a induit une transformation qui les a rendues cancéreuses.On sait que des agents infectieux (comme le paillomavirus humain) peuvent favoriser certains cancers. On sait que des clones de cellules cancéreuses peuvent circuler dans certaines populations de chiens domestiques ou de diables de Tasmanie. Chez les hommes, des transmissions de cellules cancéreuses via des greffes ou de la mère au fœtus existent. Mais que des cellules cancéreuses de parasites puissent induire un cancer chez l’hôte est une réelle découverte. Une découverte qui impliquerait de plus amples recherches sur les liens entre infection et cancer.D’autres cas auraient pu passer inaperçusTrouver un traitement pour une telle maladie pourrait relever du casse-tête. Les vermifuges pourraient ne pas être efficaces contre les cellules cancéreuses du ver solitaire. On ne sait pas non plus le degré d’efficacité des médicaments anticancéreux classiques sur ces cellules. Selon le CDC, les médecins des pays en voie de développement devraient avoir à l’esprit la possibilité de telles affections, en particulier chez des patients immunodéprimés qui présentent des tumeurs.“Nous pensons que ce type d’événement est rare. Cependant, ce type de ténia se trouve dans le monde entier et des millions de personnes dans le monde souffrent de maladies comme le

VIH qui affaiblissent leur système immunitaire. Donc, il peut y avoir plus de cas, qui ne sont pas reconnus. C’est certainement un domaine qui mérite plus de recherche“ déclare le Pr. Atis Muehlenbachs.David BêmeSources : CDC researchers link cancer cells from parasite to human tumors – Communiqué du CDC – 4 novembre (

accessible en ligne)Malignant Transformation of Hymenolepis nana in a human host – Atis Muehlenbachs et al. – N Engl J Med 373;1845-52 (

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