Moins de médecins en 2009 dans 19 régions sur 22

Les médecins libéraux sont de moins en moins nombreux dans la plupart des régions de France, selon les Atlas régionaux de la démographie médicale française 2009, publiés le 13 avril par le Conseil national de l’Ordre des Médecins. De plus les disparités se creusent entre les départements, les jeunes médecins ne s’installent plus et le risque de pénurie est réel dans les années à venir.

En 2009, le nombre de médecins, généralistes ou spécialistes, en activité a diminué en moyenne de 2 %, un chiffre qui masque d’importantes disparités régionales. De plus les médecins restants sont de plus en plus âgés : la tranche d’âge des moins de 40 ans diminue de 12 % alors que celle des plus de 50 ans augmente de 53 % ! Un nombre plus élevé de médecins (+ 5,5 %) a également choisi d’exercer comme remplaçant plutôt que d’ouvrir un cabinet.
Par ailleurs les jeunes médecins diplômés, comme le déploraient les syndicats

lors de leurs deux dernières grèves au sujet des généralistes, ne s’installent plus en cabinet médical : un médecin diplômé (généraliste ou spécialiste) sur 10 seulement fait aujourd’hui le choix de l’exercice libéral.

Cette situation aboutit à une désertification progressive des régions les moins attractives pour les médecins, comme par exemple la Picardie, qui ne comporte que 238 médecins pour 100 000 habitants (moyenne nationale : 290 en 2009, 300 en 2008). Et la Picardie a perdu en 20 ans près d’un tiers de ses praticiens installés…
A l’inverse la région PACA est la plus dense (375 médecins/100 000), tandis qu’en Ile-de-France la situation est très inégale : 742 médecins pour 100 000 à Paris, 373 dans les Hauts-de-Seine, mais seulement 223 en Seine-et-Marne et 255 en Seine-Saint-Denis.
Les signataires de ce rapport annuel -les docteurs Michel Legmann, Patrick Romestaing et Irène Kahn-Bensaude-, à l’instar des syndicats médicaux, en particulier ceux de médecins généralistes, tirent donc la sonnette d’alarme : “ces chiffres ne font que confirmer ce qui a été écrit le années précédentes ; les mesures coercitives détourneront les jeunes de la médecine de soins, il faut repenser complètement l’exercice de la médecine, leur donner les moyens (pas forcément financier) de se regrouper, les libérer des charges administratives, afin qu’ils retrouvent le goût d’un métier formidable.“
Des inquiétudes et volontés de réforme qui se retrouvent dans le rapport “Définition d’un nouveau modèle de la médecine libérale“ du Dr Legmann, demandé par le Président de la République et faisant plusieurs propositions concrètes destinées à améliorer la pratique quotidienne de ce métier (cf. notre article “

Mission Legmann : vers un nouveau modèle pour la médecine libérale ?“).
A la suite de la remise de ce rapport ce jour, Nicolas Sarkozy et Roselyne Bachelot devraient, à l’occasion d’une visite médiatisée d’un cabinet médical à Livry-Gargan en Seine-Saint-Denis le 16 avril, annoncer “les objectifs et le calendrier de la concertation à venir sur la médecine de proximité“, ce qui pourrait enfin déboucher sur la réelle mise en place d’un plan destiné à endiguer l’érosion actuelle qui menace l’accès aux soins de qualité pour tous.
Jean-Philippe Rivière
Source : “Atlas Régionaux de la démographie médicale française : des disparités qui s’accentuent au niveau local“, Conseil national de l’Ordre des Médecins, 13 avril 2010,

accessible en ligne
(

cartes régionales,

cartes nationales)
Carte : Conseil de l’Ordre, G. Lebreton-Lerouvillois, 2009Click Here: United Kingdom Rugby Jerseys

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