Trop de filles subiraient des examens gynécologiques inutiles, alerte une étude

Selon une étude, 54% des jeunes filles américaines âgées de 15 à 20 ans ayant eu un toucher vaginal et près de 72% ayant eu un frottis cervical ont subi ces examens inutilement, laissant craindre un manque de compliance des gynécologues aux recommandations actuelles.

Sommaire

  1. 54% des touchers vaginaux et 72% des frottis cervicaux “potentiellement inutiles”
  2. “Manque de compliance aux recommandations actuelles”

Douloureux, embarrassants… mais aussi souvent inutiles ? Dans une étude parue le 6 janvier 2020 dans la revue JAMA Internal Medicine, des chercheurs de l’université de Californie et des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) se sont interrogés sur la prévalence de certains

examens gynécologiques potentiellement non nécessaires chez les jeunes filles aux Etats-Unis. Et les chiffres sont édifiants.

54% des touchers vaginaux et 72% des frottis cervicaux “potentiellement inutiles”Aujourd’hui, le Collège américain des Obstétriciens et Gynécologues (ACOG) ne recommande plus le

toucher vaginal (utilisé comme outil de dépistage pour les cancers gynécologiques ou les infections notamment) aux femmes ne présentant pas de symptômes et qui ne sont pas enceintes. Quant au

frottis cervical, utilisé pour dépister le cancer du col de l’utérus, il n’est pas recommandé chez les filles âgées de moins de 21 ans. De telles recommandations ont été mises en place non seulement pour réduire “l’anxiété” des patientes, mais aussi pour éviter “les faux-positifs, les surdiagnostics ainsi que des coûts inutiles”, rappellent les chercheurs.Entre 2011 et 2017, ces derniers ont donc demandé à 3410 jeunes filles âgées entre 15 et 20 ans si elles avaient subi un toucher vaginal ou un frottis cervical au cours des 12 derniers mois. Parmi les interrogées, peu avaient des motifs d’examens gynécologiques réguliers : seulement 4,8% étaient enceintes, 4,5% recevaient un traitement contre une

infection sexuellement transmissible (IST) et 2% utilisaient un

stérilet. Pourtant, durant cette même période, environ 2,6 millions de jeunes filles ont rapporté avoir subi un toucher vaginal et 2,2 millions un frottis cervical au cours des 12 derniers mois. A partir de ces données, les scientifiques ont estimé qu’environ 54,4% des touchers vaginaux et 71,9% des frottis cervicaux réalisés étaient “potentiellement inutiles”.“Manque de compliance aux recommandations actuelles”Selon les auteurs de l’étude, ces résultats montrent que les femmes sont exposées à des “préjudices évitables”, et “suggèrent un manque de compliance aux recommandations actuelles concernant l’usage appropriée de ces examens” par les gynécologues. Interrogée par NBC News, la gynécologue Taraneh Shirazian explique déplorer le fait que les jeunes filles ne sachent pas qu’elles n’ont “pas besoin de subir d’examens gynécologiques de routine avant l’âge de 21 ans”.Quant aux raisons pour lesquelles autant d’entre elles se voient examiner inutilement, George F. Sawaya, co-auteur de l’étude, affirme ne pas les connaître, bien qu’il puisse s’agir d’anciennes pratiques que les gynécologues ont du mal à laisser tomber, “par habitude”.Une étude qui aurait tout intérêt à être menée en France, où le frottis cervical est recommandé à partir de 25 ans et le toucher vaginal réalisé quasi systématiquement malgré le fait que son efficacité soit discutée…

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