Out d’or 2019 : Le triomphe de Bilal Hassani, héros LGBTI de l’année

Mardi 18 juin, l’AJL, association des journalistes LGBTI, organisait la troisième édition des Out d’or qui célèbrent la visibilité des personnes LGBTI (lesbiennes, gays, bi·e·s, trans et intersexes) dans les médias. Le prix de la personnalité de l’année, pour laquelle le public a voté, a été décerné à Bilal Hassani, qui a représenté la France à l’Eurovision 2019.

Sur scène, le jeune artiste gay de 19 ans a remercié sa maman et rappelé le chemin qu’il reste à parcourir : “On m’utilise dans plein de médias pour dire ‘Regardez c’est bon, il y a un homo avec une perruque ,tout est réglé, tout va mieux’. C’est faux ! Des gens meurent, c’est grave, il faut que ça change.” Son prix lui a été remis par la jeune cheffe d’orchestre lesbienne Uèle Lamore et le jeune acteur Yuming Hey, révélé cette année dans la série Osmosis de Netflix.

Cette édition a vu l’attribution de deux prix du coup d’éclat artistique, “deux coups de coeur” pour les organisateurs. Eddy de Pretto, qui était chargé de cette mission, a remis leur trophée à Léonie Pernet pour son album Crave et à l’équipe de la très populaire série Skam France, diffusée sur France tv slash. Léonie Pernet, dans un discours très politique, a rappelé que “l’on était toujours le pédé ou le nègre de quelqu’un“. Et puisqu’il n’avait pu assister à la cérémonie 2018, Eddy de Pretto s’est vu remettre au passage son propre Out d’or artistique remporté l’année dernière.

Marlène Schiappa interpellée

Présentée par la journaliste et auteure Nora Bouazzouni et l’humoriste Tahnee, les Out d’or 2019 ont vu défiler sur scène de nombreux journalistes et artistes engagés. Jean-Baptiste Marteau (France 2) et Marie Labory (arte) ont remis le prix de l’enquête-reportage à Coralie Moreau pour son sujet Adoption par les couples homosexuels : “uniquement des enfants atypiques” en Seine-Maritime, sur France Bleu Normandie. Cette dernière a profité de sa présence sur scène pour interpeller la secrétaire d’État Marlène Schiappa, assise au premier rang, sur l’urgence à accorder la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules.

Bruno Solo et la journaliste de Komitid Olga Volfson, duo le plus atypique de la soirée, attachant et percutant, ont remis le prix de la rédaction engagée à Le Magazine l’Équipe pour son numéro spécial sur l’homophobie dans le sport. La musicienne canadienne Mélissa Laveaux a remis le trophée du meilleur podcast à la journaliste Jennifer Padjemi pour Miroir Miroir (Binge Audio). L’avocate et activiste Elisa Rojas a profité de sa présence sur scène pour présenter la jeune association HandiQueer, avant de décerner le prix du sport à Alexia Cerenys, première rugbywoman trans à évoluer en Top 16. Elle a confié sur scène avoir subi de la transphobie durant toute sa saison sportive, mais que son club béarnais de Lons continuait de la soutenir.

L’auteure Grace Ly et la journaliste Dolores Bakela ont remis le prix de la presse étrangère à Raseef22, média en ligne libanais, pour son engagement à publier des articles exhaustifs autour des sexualités et de l’identité de genre telles que vécues au Moyen-Orient. Raseef22 était représenté par sa journaliste Haifa Zeaiter.

Julia Boyer, militante trans qui a refusé les amalgames islamophobes après son agression place de la République, était nommée dans la catégorie personnalité de l’année et est montée sur scène pour remettre le prix du documentaire : il a été attribué à Perrine Kervran et Annabelle Brouard pour Les Transidentités, racontées par les trans sur France Culture.

Winter is coming (vous l’avez ?)

Dans la salle, de nombreuses personnalités des médias comme Rokhaya Diallo et Edwy Plenel (Médiapart diffusait d’ailleurs la cérémonie) ont apporté leur soutien à l’AJL et à ses nombreux militants mobilisés depuis des mois pour l’organisation de cet événement. La présentatrice Nora Bouazzouni a bouleversé les 600 personnes réunies au Cabaret sauvage en revenant sur la Ligue du Lol dont elle fut l’une des nombreuses victimes et la première à témoigner en son nom dans un article de Libération. Elle a rendu hommage à toutes celles et ceux qui ont parlé, enfin, et a appelé les rédactions et leurs dirigeants à faire leur autocritique.

La cérémonie s’est terminée par la prestation de Leona Winter, révélée cette année dans The Voice, qui a impressionné le public avec une interprétation magistrale de The Winner Takes it All d’Abba, ainsi que les shows de quatre drag-queens et kings : Aaliyah Xpress, Poulette Zhava Kiki, Morphine et Vesper Quinn.

Les Out d’or 2019 se poursuivent avec une exposition au Point éphémère – 50 ans après Stonewall, les photojournalistes sur le front des luttes LGBTI, jusqu’au 28 juin – et une projection et un débat – Des fictions qui interrogent les représentations – le 3 juillet à 20h à la Maison des métallos à Paris. Le replay de la cérémonie est disponible ici.

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